Trás-os-montes - Au delà des monts
- poesiarevelada
- 20 juin
- 2 min de lecture

La ligne des falaises
posée sur le fleuve ;
plus rien ne bouge, ne bruisse ;
le monde s’est enfin arrêté,
figé dans ce miroir d’eau.
A linha das falésias
estendida sobre o rio;
já nada se move, nem murmura;
o mundo enfim se deteve,
parado neste espelho de água.

Il dessine d’un trait fin
des contours aériens ;
il brosse des frôlements,
délicats tremblements ;
il glisse des ombres,
filles du soleil et de l’ombre.
Desenha com um traço fino
contornos aéreos;
esboça ondulações,
delicados tremores;
e desliza das sombras,
filhas do sol e da sombra.

Tôt, très tôt, ce matin...
Le sentier murmure sous mes pas.
Ce n’ est pas une pierre, ni un bâton
que je tiens dans mes mains...
C’ est l’immense coeur de la forêt.
Savoir sentir les lieux.
Saluer à la clairière
l’âme des arbres oubliés.
Suivre dans la forêt pentue
la piste qui s’égare.
Risquer le chemin étroit.
Fureter dans la brume du soir.
Deviner le rêve de la nature.
Inventer en marchant,
là où personne n’a jamais marché,
un langage d’avant les mots.
Cedo, muito cedo, esta manhã...
O caminho murmura sob os meus passos.
Não é uma pedra, nem um pau
que tenho nas minhas mãos...
É o imenso coração da floresta.
Saber sentir os lugares.
Cumprimentar à clareira,
a alma das árvores esquecidas.
Seguir na floresta escarpada
a pista que se extravia.
Arriscar o caminho estreito.
Farejar na bruma da noite.
Adivinhar o sonho da natureza.
Inventar andando,
onde ninguém nunca andou,
uma linguagem anterior às palavras.

Au hasard des pas
il suffit de peu
pour un moment d’éclat.
Ici, attendre
ce qui peu-être
ne viendra jamais.
Je vais vers...
Ce qui est encore absent.
L’Indicible est l’horizon...
de ce que je ressens.
Je suis un « regardeur »
plongé dans le paysage.
Mes mots lient des instants,
déchiffrent le Monde.
Nous sommes sur le chemin
tels des chiens d’arrêt,
drôles de zombies éblouis
en instance d’une Révélation !
Ao acaso dos passos
não é preciso muito
para um momento deslumbrante.
Aqui, esperar
o que talvez
nunca chegue.
Vou em direção...
Do que ainda está ausente.
O Indizível é o horizonte
do que sinto.
Sou «aquele que olha»
mergulhado na paisagem.
As minhas palavras ligam instantes,
decifram o Mundo.
Estamos no caminho
como cães parados,
estranhos «zombies» deslumbrados
perante uma Revelação!

L’attention scrupuleuse, amoureuse
aux lieux que nous frôlons,
à la couleur du vent,
aux frémissements de la nature, à son chant minéral.
A atenção escrupulosa, apaixonada
dos lugares que afloramos,
da cor do vento,
dos frémitos da natureza, do seu canto mineral.

Elle avait la peau
couleur de granit
telle une beauté ancienne...
Cette beauté déchirante,
juste leurs silhouettes hors du temps
sur le point de s’effacer.
Ela tinha a pele
cor de granito
qual uma beleza antiga...
Inesperada.
Esta beleza dilacerante
apenas as suas silhuetas fora do tempo
que cedo se apagarão.
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Dessins de Laurent Motte
Écritures poétiques de Philippe Deypeysses



Les écritures poétiques de Philippe Despeysses n'ont pas pris une ride douze années après cette marche dans ce singulier Tras os Montes, "au delà des monts" à la frontière entre le Portugal et l'Espagne.
A l'âpreté minéral du décor viennent se lover des écritures simples et sensibles dans les deux langues, le français et le portugais.
C'est une belle partition à deux avec les dessins nets et inspirés de Laurent Motte.
Thierry Q.L