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L’ombre de la pierre



L’ombre de la pierre


Sur la peau plissée de mon cœur,

j’arrache l’ancre de la pierre

posée sur le limon du fleuve

gardien des étoiles d’écume.


L’ombre de la roche est brûlante,

Ne reste qu’un dessin étrange

tracé dans la lune d’oubli

à travers un rideau de pluie.


Entre les failles d’un mur ocre

se cachent des mots chuchotés.

Que d’enveloppes égarées

par des lèvres soudain absentes !


Tous les souvenirs s’y consument,

jettent d’ultimes escarbilles

voletant dans le vent de sel

le brin d’une moisson d’été.


Seul, guidé par les lucioles

au pied des entailles de grès,

je tiens dans le creux de la main

un galet aux lueurs de feu.


Mes doigts bleus accrochent la pierre

glanée à l’ombre d’un brasier

où mûrit l’éclat d’une larme,

N’aie pas peur du jour qui s’enfuit.




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Poème : ©Thierry Quintrie Lamothe

Mai 2025

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Photographies : ©Hervé Hette

 
 
 

12 commentaires


portevin.xavier
portevin.xavier
21 nov. 2025

‌Ce poème est beau et évocateur. Une interprétation possible : il semble montrer l'opposition

(Mais en est-ce réellement une ?) entre la vie et ce qu'on en cristallise (la pierre) en souvenirs, en sensations, en émotions. La pierre tente de retenir les pépites de la vie qui s'écoule de part et d'autre et dont le flux ne peut-être arrêté.

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Très juste appréciation. Un grand merci Xavier. C'est bien le fil du poème. Un peu comme le Sisyphe de Camus. Un Sisyphe pas forcément malheureux.

Thierry


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phmambrini
10 nov. 2025

un petit poème de moi offert à Thierry :


GIBRALTAR


Au grand effroi du détroit de Gibraltar,

Serpent de mer, bordé par les falaises terres,

Myriade de cargos, serrés comme des vers,

Beaucoup trop loin de l'île de Zanzibar.


Grosse tempête, un sacré Trafalgar !

Trop tard ! Les vents prennent la barre,

Bateaux, ballottés sur la verte, grande mare,

Je regarde en fumant un bon et gros cigare,

Cet étrange tableau blafard, un peu bizarre.


Les couleurs et lumières aquarellées du soir

S'estompent sans espoir, comme sur un buvard.

Quelques embarcations essayent de filer à Agadir,

Les côtes marocaines masquées par la brume, s'étirent,

Les marins au frêle destin, débarquent enfin, évitant le pire.


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Rocher sec d'été

Douceur si minérale

Par mon cœur aimé.


Haiku pour Thierry


Modifié
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Très réussi ton haïku, Christophe.

La pierre t'inspire...

Continues.

Thierry

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jmdefrance01
jmdefrance01
14 oct. 2025

Faire rimer les mots et les images pour nous partager cette quête intérieure au contact de la nature, c'est tout l'art de Thierry.

N'aie pas peur du jour qui fuit, nourris l'instant présent de beauté à travers ton art de ciseleur et de narrateur, bien acompagné par cette mélodie sereine.

Jean Michel

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Tes mots me touchent beaucoup Jean Michel.

Je sais que de ton côté tu donnes constamment un sens à ta vie quotidienne nourri par ta foi et par tes engagements hors des chemins usuels.

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contact
09 oct. 2025

Beau texte, qui se pose, en haut d'une colline de vide sociétal

Qui se lit entre les failles de la roche

Il demeure, nous bougeons

C'est ça, la poésie, elle nous met en mouvement

Bravo et merci

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